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Après le déluge

Edito du Sel et Lumière du 19 juin: "Une goutte d'amour pèse plus lourd que tous les déluges."

 

Après le déluge 

 

L'actualité est comme un torrent : une vague emporte l'autre. La vague des grèves et de l'Euro-football tend à faire oublier celle du déluge dans lequel, il y a peu, nous pataugions ensemble. Les victimes qui l'ont vu embourber leur maison, détruire leurs archives, noyer les reliques de leur passé, ne sont pas prêtes de l'oublier. Et pourtant, la vie, si agitée soit-elle, est comme un fleuve qui suit son cours sans jamais revenir en arrière : tout passe. 
Les déluges ne sont pas que des désastres matériels et humains. Ils ne se mesurent pas seulement, comme on est accoutumé de le faire, à leur bilan économique. Ils ont toujours une haute valeur symbolique. Dans les mythes mésopotamiens ou dans la Bible, ils comportent même une dimension théologique qui demeure à décrypter. Ce qu'ils noient dans leurs flots est peut-être un mal dont il fallait purger le monde, mal si universel et si foisonnant que Dieu (ou les dieux) ne voyait pas d'autre moyen de s'en débarrasser. Ces grands moyens charrient hélas beaucoup d'injustices. Les victimes étaient-elles coupables au point de s'attirer pareil châtiment ? La question reste ouverte. D'ailleurs Dieu n'entend pas en rester là : il ménage aux hommes et même à toutes les espèces animales une issue. Entre en scène alors un autre mythe : celui de l'arche de Noé. 
Il m'a semblé voir cette arche, à la une d'un grand quotidien national : une barque où s'entassaient les membres d'une famille probablement d'origine africaine, conduite par deux jeunes blancs et voguant vaille que vaille vers je ne sais quel salut. Ce cliché est pour moi comme une parabole. Au-delà des maux et des malheurs qui menacent de tout emporter, l'entraide et la fraternité humaine sont toujours une planche de salut qui importe plus pour l'avenir des hommes que les maux dont ils sont responsables ou victimes. Une goutte d'amour pèse plus lourd que tous les déluges. Après le déluge, elle est en fin de compte le plus sûr des bilans, une parole de Dieu pour nos temps agités. 


Père Antoine Bouleau