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Dialogue de feu

« On ne peut pas mettre Dieu entre parenthèse.»
« La foi : 24h de doute et 1mn d’espérance.»
« Je me suis perdue pour vous sauver.»

Edito du Sel et Lumière des 21/ 28 février

 

Dialogue de feu

 

« On ne peut pas mettre Dieu entre parenthèse.»

« La foi : 24h de doute et 1mn d’espérance.»

« Je me suis perdue pour vous sauver.»


Qui d’entre nous peut rester insensible à ces trois répliques ? Qui ne rejoignent-elles pas ? Tirées du film "les Innocentes" d’Anne Fontaine. Oui, extraites d’un film, ces répliques donnent le ton à la tragédie horrible portée à l’écran avec génie.
Le film, fondé sur un drame de guerre réel : le viol d’une trentaine de soeurs bénédictines polonaises en 1945, par des soldats russes est à la fois : - lumineux : toute la dramaturgie imaginée, tellement collée au réel de faits universels et contemporains, est pleine de pudeur, de sobriété, de sensibilité ; - révolutionnaire : toute l’histoire interroge sur les conséquences du viol pour une femme, pour une moniale, sur la maternité non voulue, les crimes de guerre, la foi, l’obéissance, la liberté, la valeur de la vie. Histoire qui exige un engagement, pas toujours dans les clous d’une certaine obéissance ; - audacieux : tout l’art cinématographique se fait serviteur d’un ailleurs qu’il dévoile avec sobriété et tendresse, donnant à sentir et même à ressentir une lumière d’espérance pour toutes les femmes brisées, pour l’humanité en quête de vie sauvée !
La réalisatrice a plongé, incognito, dans la vie monastique au sein de notre Prieuré, désirant saisir de l’intérieur une part restée cachée dans le film comme elle l’est dans la réalité, la foi. Le dialogue s’est vite engagé, avec moi, simplement, sur l’essentiel, en profondeur, abordant l’histoire même du film à venir. Le Père Longeat, présent dans nos murs, a eu un bel impact : l’ancrage du film dans l’année liturgique par le biais de la musique - de décembre à mai, l’on traverse l’Avent, la Nativité et le mystère pascal de mort et de résurrection du Christ.
Osez aller au cinéma, même en Carême !
Mère Marie-Madeleine Caseau, Prieure des Bénédictines de Vanves