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Quand tombent les feuilles du tulipier

. . . Ambiguïté de l'automne : avant de disparaître, la vie se pare de splendeur. . .

 

Quand tombent les feuilles du tulipier

 

Au jardin de la maison paroissiale, le Tulipier de Virginie s'est revêtu d'or et laisse maintenant tomber ses feuilles. Elles jonchent le sol, promises à la pourriture. Ambiguïté de l'automne : avant de disparaître, la vie se pare de splendeur.

Entre la Toussaint, le jour des morts et les commémorations du 11 novembre, notre esprit tangue et vacille des splendeurs du ciel aux ténèbres des tombes. Nos frères les saints ont rejoint la grande assemblée aux demeures du ciel. D'autres attendent l'aide de nos prières pour y entrer. Les corps d'une multitude se mêlent à la glèbe pour former le terreau de moissons futures. Qu'en faire ? Nous laisser assombrir ? Déposer des couronnes sur leur tombe ? Nous laisser bercer par quelques discours ?

Dans le tintamarre des cris de ce monde, peut-être ferons-nous une pause, peut-être aurons-nous le temps de mesurer l'étendue et l'horreur du "grand massacre". Tant de vies ont été fauchées ! Les plaques mortuaires de notre église en donnent pour la localité de Vanves une terrifiante idée. Graver des noms sur le marbre permet d'accrocher le souvenir. Car certes, il convient de se souvenir. Les morts ne sont pas tout à fait disparus tant qu'ils survivent dans la mémoire de ceux qui les suivent. De plein gré pour la plupart, ils ont donné leur vie pour que nous ayons encore une terre-patrie. Au vu des foules réfugiées qui échouent sur elle, nous pouvons mesurer la chance qu'ils nous ont laissée. Elle s'assortit pour nous d'un devoir de reconnaissance.

Le conflit de la première guerre mondiale a été suivi d'un autre, plus effroyable encore, suivi lui-même d'autres encore. Encore et encore...L'héroïsme, le sacrifice, les crimes, la mort. Ambiguïté de l'automne!

Sur ces grandes tueries se lève pourtant un soleil. Christ est vivant, Christ est vainqueur. Il nous accueille tous, les vivants et les morts et nous recouvre du manteau de sa miséricorde. Grande est la misère du monde, infini son amour. Lui seul peut nous faire échapper à "la grande illusion". Mettons en lui notre foi ! Quelles que soient les ténèbres qui nous menacent, il saura parer nos débâcles des splendeurs de sa gloire.

Père Antoine Bouleau